CROISEURS ET CUIRASSÉS - LES DISPARUS DU SUFFREN


Cuirassé Suffren -1916

Cuirassé Suffren -1916

Au cours de la Première Guerre Mondiale près de quatre cents navires français prirent part au conflit provenant de notre marine, repris à l'ennemi, issus de la Royal Navy ou de la Marine Royale Indienne comme ce fut le cas pour les chalutiers auxiliaires de la classe "Basset". Parmi cette armada, de nombreux croiseurs ou cuirassés, fer de lance de notre marine depuis 1870, certains aux noms évocateurs comme "l'Amiral Charner", "Le Bouvet", "Le Gaulois", "Le Léon Gambetta", "Le Provence II", "Le Suffren". Le premier de sa classe fût "L'Amiral Charner" torpillé le 8 février 1916 à 17h30 par l'U21 d'Otto Hersing. Le 26 ce fut le tour du croiseur auxiliaire "Provence II" en route vers la Crète avec 2000 militaires de subir le même sort, coulé par l'U35 de Lothar von Arnaud de la Pernière, seuls huit cents hommes en réchappèrent. Le 4 octobre c'est le même commandant qui envoyait par le fond "Le Gallia" faisant 1740 victimes. Je ne voudrais pas oublier "Le Bouvet" croiseur cuirassé qui durant les opérations des Dardanelles est victime d'une mine dérivante le 18 mars 1915, à son bord 700 marins, 639 périront dont leur commandant le Capitaine de Vaisseau Valentin RAGEOT DE LA TOUCHE.

Le Suffren, cuirassé de 1ère classe

Le Suffren, cuirassé de 1ère classe

J'ai choisi d'évoquer avec vous un autre de ces grands des mers, un de leur compagnon de route, "Le Suffren". Monstre d'acier de 12728 tonnes, 16500 cv, 20 chaudières, trois machines, le tout couvrant de 5200 à 7000 milles à la vitesse moyenne de 28 nœuds. Il est le dernier bâtiment de la flotte des cuirassés construit en France. Il fut commandé en 1898, mis à l'eau le 8 septembre 1903 et sera incorporé à l'escadre de la Méditerranée entre 1904 et 1907. Le 1er avril 1914, il devient navire amiral.

Marins du Suffren

Marins du Suffren

Son commandant le Capitaine de Vaisseau MARGUERYE dirigera la division de complément, composée du "St Louis", du "Gaulois" et du "Bouvet". En septembre 1914 il prend part aux actions offensives contre les forts des Dardanelles, il fait alors partie de la division commandée par le Contre-amiral Émile Paul GUEPRATTE. Le 19 février 1915, il participe aux premières offensives de forcement des détroits par les forces franco-britanniques PAYRET Henri matelot sur le Suffrenaux côtés de quatorze bâtiments commandés par l'Amiral anglais CARDEN, puis à d'autres actions contre les forts turcs. Le 18 mars 1915, il essuie des tirs nourris qui endommagent la coque et l'oblige à un retour en escorte vers Toulon. Il reviendra sur zone le 17 mai 1915. Suivent des missions sur la côte d'Asie et c'est après cette longue campagne de guerre alors qu'il regagnait Lorient pour y subir un carénage, qu'il fut torpillé le 26 novembre 1916 par le sous-marin U52 du commandant Hans WALTER par 39°10N et 010°48O à une soixantaine de milles au large des côtes du Portugal. Aucun des 648 membres d'équipage ne survécut au torpillage. Parmi celui ci 15 marseillais, 5 ciotadens, 3 arlésiens, 1 tarasconnais, mais aussi 7 catalans dont voici les noms : Le matelot de 2e classe fusilier Pierre François ASTRUC né le 10 novembre 1893 à Baho - Le matelot de 3e classe Lucien Pierre Barthélémy NOMDELEU né le 11 décembre 1897 à Collioure - Le matelot de 2e classe breveté canonnier André Jacques Jérôme NOU né le 29 juillet 1890 à Banyuls - Le matelot de 3e CV Rodolphe GUEPIN Commandant du Suffrenclasse Henri Jacques PAYRET né le 4 avril 1890 à Collioure - Le matelot de 3e classe François Vincent RAMONE né le 30 mai 1889 à Collioure - Le matelot de 2e classe canonnier Charles TARTE né le 4 novembre 1896 à Bouleternère - Le quartier maître mécanicien François VIDAL né le 18 juin 1894 à Saint-Laurent-de-la-Salanque. A ces disparus il faut ajouter le commandant le Capitaine de vaisseau Rodolphe Marie GUEPIN. Officier de quarante neuf ans, né le 25 octobre 1867 à Dol en Ille-et-Vilaine. Il avait intégré l'école navale de Brest en 1884, était canonnier de formation. Sa carrière dans les croiseurs débute en 1889 sur le croiseur d'escadre "Courbet" au sein de l'escadre de la Méditerranée. Capitaine de Frégate il officiera auprès du ministre en tant qu'aide de camp en 1910. Chevalier de la Légion d'Honneur en 1899 à l'âge de 32 ans, il sera promu au grade d'officier en 1912. Cité à l'ordre de l'armée navale en 1915 avec la Croix de Guerre. Le Capitaine de Vaisseau GUEPIN comme tous les membres d'équipage furent officiellement déclarés morts pour la France par le tribunal de Brest en 1917. Nombreuses furent les pertes lors de ce conflit, sur les 390 unités de la Marine Nationale engagées, plus de 6565 marins ne revirent pas le port.

Fiche militaire Pierre ASTRUC SUFFREN 1916

Fiche militaire Pierre ASTRUC SUFFREN 1916

Les 647 marins du "Bouvet" dont le Commandant le Capitaine de Vaisseau RAGEOT DE LA TOUCHE, les 354 du "Léon Gambetta", les 1700 du "Provence II" du Lieutenant de Vaisseau LITRE, mais aussi les 549 de la Brigade de fusiliers-marins et plus encore les 153 du 5ème dépôt des équipages de la flotte. Les cérémonies du centenaire de la Grande Guerre s'achèveront par le défilé du 11 novembre. Pour ces hommes qui un jour de 1914 pour nos libertés prirent la mer et qui au souffle du vent de 2018 nous observent, ne les oublions pas. C'est notre mission, une mission centenaire notre devoir de mémoire ultime.

Croiseur cuirassé Léon Gambetta

Croiseur cuirassé Léon Gambetta

La carte des Dardanelles novembre 1914

La carte des Dardanelles novembre 1914

Le cuirassé Bouvet


Le cuirassé Bouvet

Le Gallia croiseur auxiliaire


Le Gallia croiseur auxiliaire

Troupes à bord du Provence


Troupes à bord du Provence

CV Valentin Rageot de la Touche - Commandant du Bouvet

CV Valentin Rageot de la Touche - Commandant du Bouvet

 

Ecrit par SM CHOMETTE Philippe, représentant accrédité ACOMAR Pyrénées orientales




Le site mutualisé de l'ACOMAR est principalement destiné aux membres de l'association.
SOS webmestre