Commémoration des combats de la crête de Vimy 2009


Le dimanche 8 novembre 2009, à l'invitation du ministère des Anciens Combattants de Canada, l'ACOMAR Nord/Pas-de-Calais était présente sur le lieu historique du Canada de la Crète de Vimy, aux côtés des personnalités Consulaires de Canada et Préfectorales du Pas-de-Calais, pour rendre hommage aux combattants canadiens qui s'élancèrent le 9 avril 1917 à l'assaut de la Crête mortelle qu'ils reprirent après d'âpres combats.


Porte-drapeaux

Jérôme LERMENÉ, Porte-drapeau, accompagné du Président délégué représentaient la section.

Vimy


Vimy

Un peu d'histoire

Vimy

Fin 1916, lorsque les 35.000 canadiens arrivèrent à Vimy, ils savaient que les combats seraient très difficiles. Les troupes françaises, qui avaient remporté la bataille de la Marne et résisté aux terribles assauts allemands à Verdun, n'avaient pu prendre entièrement et conserver Vimy. La position était tenue par 10.000 allemands, le "Gruppe Vimy", de la sixième armée du général Ludwig Von Falkenhausen. Ils avaient redoutablement fortifié la position par des constructions en béton armé, des barbelés, des nids de mitrailleuses, des tunnels et des tranchées.

La crête de Vimy surplombe la plaine de Lens. Par beau temps, on peut même voir les tours du quartier d'affaires de Lille "Eura Lille". Cette position donne un avantage certain à celui qui pourra voir de loin les mouvements de troupes ennemis. L'Allemagne se trouve à plusieurs centaines de kilomètres droits devant.

Présents depuis 1915 sur le front, les canadiens avaient, cette fois-ci, du fil à retordre. Fort de l'expérience des anglais qui avaient lancé, l'année précédente, des hommes insuffisamment entraînés contre des soldats allemands aguerris par 2 années de combats, la préparation fut minutieuse.

Le général Byng, commandant le corps canadien, envoya le major général Currie étudier les méthodes de combat des troupes françaises. Les observations jouèrent un rôle primordial dans le déroulement de la bataille. Un entraînement intensif, soigné et aussi réel que possible fut donné aux soldats. Il se déroula sur un terrain à la configuration la plus proche de celle du secteur de Vimy. Les canadiens furent formés au combat au corps à corps et à la baïonnette.

La composition tactique des unités est réorganisée. Un peloton (35 à 40 hommes) qui comprenait 4 sections de fusiliers est désormais formé de 2 sections de fusiliers, une section de grenadiers et une section de mitrailleurs. Placés dorénavant au cœur de l'action, grenadiers et mitrailleurs décuplent la puissance de feu et l'efficacité du peloton en configuration de combat. D'autre part, la doctrine sur l'usage des mitrailleuses est redéfinie. D'un usage défensif, on passe à un usage offensif. Au cœur du champ de bataille, elles protègent directement le terrain conquis et la progression des fantassins.

Dès le 20 mars 1917, un bombardement de préparation s'abattit sur la ligne allemande. Il s'intensifia à tel point que la semaine précédant l'assaut fut appelée "la semaine de souffrance" par l'armée.

Le lundi de Pâques 9 avril 1917, à 5h30, un millier de canons et des dizaines de mitrailleuses ouvrirent le feu. Sous une pluie mêlée de neige, les fantassins canadiens sortent de leur tranchée. Derrière le feu roulant, ils progressent vers les défenses allemandes disloquées et se battent avec les survivants de la tranchée adverse à la grenade allemande.

Après seulement deux heures de combats, trois des quatre divisions canadiennes ont atteint leurs objectifs. Sur la colline 145, le 87ème bataillon de la quatrième division canadienne est sérieusement accroché par des nids de mitrailleuses. Ce bataillon perd 50 % de son effectif.

Le soir du 9 avril, la majeure partie des objectifs est atteinte. Vers minuit, une contre-attaque allemande est tenue en échec puis une autre à l'aube. Les 3 jours suivants, les canadiens s'emparent des deux derniers lieux de résistance. Suite à cette offensive, l'armée allemande se replie de 6 km sur une nouvelle position. Les canadiens aperçoivent alors la plaine de Douai.

Cette attaque qui ne devait être qu'une diversion fut le seul succès des offensives alliées de 1917. De plus, ce fut la première victoire militaire du Canada en tant que nation indépendante. Des jeunes gens venus des quatre coins du pays s'étaient battus côte à côte victorieusement. Cette victoire d'une importance cependant mineure sur le plan militaire permit à une jeune nation de naître et de s'affirmer. Elle est le symbole de la naissance du Canada. Le gouvernement canadien déclara le 9 avril "jour de la bataille de Vimy" et met en berne son drapeau sur la tour de la Paix.

Les canadiens remportèrent également des victoires à Arleux en avril, à Fresnoy en mai, sur la côte 70 en août et à Passchendale en novembre. Ces victoires donnèrent au corps canadien d'être la plus efficace des machines de guerre. Les canadiens s'illustrèrent encore durant les derniers cent jours de guerre lors des batailles d'Amiens, d'Arras et de Cambrai.

Vimy

Commémoration des combats de la crête de Vimy 2011


Le dimanche 06 novembre 2011, à l'invitation des Anciens Combattants du Canada, les membres des sections Sommes et Nord Pas de Calais se sont retrouvés, comme tous les ans, au mémorial de la Crête de Vimy pour rendre hommage aux combattants qui du 9 au 12 avril 1916 enlevèrent après d'âpres combats meurtriers ce point stratégique.

A l'issue des allocutions prononcées par les représentants des gouvernements Canadiens et Français, les présidents délégués des sections Nord Pas de Calais et Somme ont déposés conjointement une Gerbe au nom de l'ACOMAR.

Diaporama Diaporama

Ecrit par : Major(H) Gérard DESRUES, Président délégué 59-62


La crête de Vimy, Mémorial national canadien de Vimy

Mémorial Canadien de Vimy

La vue magnifique du sommet de la crête de Vimy s'étend sur la grande plaine de Douai du Nord-Pas-de-Calais. Ici, en 1914, se trouvait la grande région d'extraction du charbon du Nord de la France centrée sur la ville de Lille. De la crête, on voit clairement le célèbre Double Crassier, un énorme crassier de terrils jumeaux, témoin du passé de charbonnage intensif de la région. Pendant la plus grande partie de la guerre, les Allemands ont occupé ce cœur industriel de la France et utilisé ses ressources humaines et matérielles pour leur effort de guerre.

La crête de Vimy est un lieu sacré pour le Dominion du Canada. Ici, au sommet de la crête sur la côte 145, se dresse le Mémorial national canadien de Vimy avec ses deux grands pylônes jumeaux s'élevant vers le ciel. Autour du mémorial, sont édifiées vingt sculptures représentant des idées telles que la paix, la justice, le deuil et le chagrin. Comme le Mémorial national australien à Villers-Bretonneux, Vimy porte les noms des soldats " portés disparus ", ceux " sans tombe recensée " qui sont morts en France entre 1914 et 1918.

Le mémorial canadien est situé dans un parc de 100 hectares, un don du peuple français au Canada en hommage aux soldats canadiens qui ont combattu et sont morts sur le Front occidental aux côtés de leurs alliés français. Il est significatif que le parc soit situé sur le site de la bataille de la crête de Vimy, livrée entre le 9 et le 12 avril 1916. Au cours de ces jours-là, les Canadiens reprirent la crête aux Allemands et repoussèrent l'ennemi vers le bas. Ce fut une victoire d'une grande portée, car les forces britanniques et françaises n'avaient pas réussi à repousser les Allemands dans cette région, malgré de vigoureuses offensives livrées en 1915 par les Français à l'ouest de ces hauteurs et par les Britanniques en bas dans la plaine.

Pour leur attaque à Vimy, les Canadiens firent des préparations minutieuses et de grande envergure. Une maquette du champ de bataille fût construite par les officiers et les hommes pour être étudiée ; un vaste réseau de tunnels fut creusé pour cacher les troupes d'assaut près du front et les mettre relativement en sûreté et enfin des puits furent forés sous les lignes allemandes et comblés d'explosifs pour être détonés à l'heure H. Le 25 mars 1917, un énorme bombardement des lignes allemandes marqua le début d'une période précédant l'attaque réelle, période dont les Allemands se souviennent comme étant la " semaine de souffrances ". Puis le lundi de Pâques, le 9 avril 1917 à l'aube, les troupes d'assaut du Corps d'armée canadien s'avancèrent, protégées par les tirs de centaines de pièces d'artillerie allant de l'artillerie navale lourde montée sur wagons aux petites pièces d'artillerie sur le terrain. Le fracas fut tel qu'on l'entendit de l'autre côté de la Manche en Angleterre.

La première vague de Canadiens franchit la crête dans une tempête de grésil et de neige, derrière un " barrage rampant roulant " conçu pour avancer lentement devant l'infanterie afin d'obliger les Allemands à se réfugier dans leurs tranchées. Un barrage de mitrailleuses lourdes arqué au dessus de leurs têtes leur offrait une protection supplémentaire. Un soldat canadien se souvint : " Nous dansions une danse macabre tandis que les milliers d'obus et de balles de mitrailleuses […] sifflant par-dessus nous faisaient vibrer nos nerfs. J'avais l'impression que si j'avais levé le doigt, j'aurais touché un plafond sonore ". Il fallut deux heures aux Canadiens pour saisir la plus grande partie de la crête de Vimy. Dès le 12 avril, le point le plus élevé de la côte 145 fut pris et les soldats canadiens portèrent leur regard au-delà des lignes allemandes sur la plaine de Douai en contrebas.


Mémorial Canadien de Vimy

Le principal obstacle auquel les Canadiens firent face sur la crête de Vimy fut la ténacité des artilleurs allemands. Le soldat de deuxième classe William Milne du 16e Bataillon d'infanterie canadienne, avisant une équipe de mitrailleurs allemands en action, s'approcha à quatre pattes de la mitrailleuse et tua l'équipe avec des grenades. Un peu plus tard, l'avance fut encore une fois ralentie par une mitrailleuse allemande et de nouveau Milne s'en approcha à quatre pattes, mit l'équipe hors de combat et s'empara de la mitrailleuse. Son courage fut honoré comme ayant " sans aucun doute sauvé la vie de plusieurs de ses compagnons ". Milne fut tué ce jour-là. On lui décerna la Croix de Victoria. Son corps ne fut jamais retrouvé et il est commémoré sur le Mémorial de Vimy parmi les " portés disparus ".

Mémorial Canadien de Vimy

Les Australiens pourraient reconnaître Vimy comme le Gallipoli canadien car les quatre divisions canadiennes, pour la première fois sur le Front occidental, y ont combattu côte à côte et joué le rôle clé dans la bataille. Ces dernières années, le gouvernement canadien a classé Vimy comme un " site historique canadien " et le parc est bien entretenu et interprété par le Ministère des anciens combattants du Canada.
L'importance de Vimy a fait l'objet de nombreux débats au Canada (de même que celle de Gallipoli en Australie). Certains déclarent que la bataille de la crête de Vimy constitue " la naissance de la nation canadienne "; d'autres se demandent ce qu'elle signifie vraiment quant au Canada et ses relations avec les soi-disant " mères patries ", la Grande-Bretagne et la France.

En 1936, plus de 6 000 Canadiens traversèrent l'Atlantique pour assister à la consécration du mémorial, inauguré par le roi Edward VIII du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord. L'historien canadien John Pierce discuta de certaines questions soulevées par cet événement : " Pèlerins et spectateurs se rassemblent sur la crête de Vimy avant la cérémonie de consécration. Des autocars font la queue à droite tandis que les passagers se frayent un chemin en direction du mémorial parmi les cratères d'obus. Le pèlerinage de Vimy, comme le mémorial lui-même, était plein d'ambiguïtés. Était-ce une célébration de l'accomplissement du Corps d'armée canadien ou une cérémonie à la mémoire des morts ? S'agissait-il d'un événement impérial renforçant la relation du Canada avec son nouveau roi ou d'une déclaration au sujet de l'indépendance de la nation canadienne ? Le monument devait-il être considéré comme une protestation contre la guerre ou un avertissement aux ennemis de la démocratie, selon lequel le Canada prendrait à nouveau part à la défense de la Grande-Bretagne et de la France ? C'était tout cela et plus encore. C'était, et cela demeure, canadien par excellence ".

Le brigadier général Alexander Ross, qui avait commandé le 28e (Nord-Ouest) bataillon en 1917, dit de la prise de la crête de Vimy : " C'était le Canada qui défilait de l'Atlantique au Pacifique. À ce moment-là, j'ai pensé que […] durant ces quelques minutes j'avais été témoin de la naissance d'une nation ".

Ecrit par : Texte et photos: Department of Veterans' Affairs and Board of Studies NSW.



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