INAUGURATION PLAQUE SOUVENIR MERS-EL-KEBIR A ROGNAC (13)


Le 3 juillet 1940, onze jours après la signature de l'armistice entre la France et l'Allemagne, la Royal Navy déclencha l'opération "Catapult" destinée à empêcher la flotte française de tomber aux mains du IIIe Reich. Au milieu de la nuit, dans les ports britanniques de Plymouth et Portsmouth, les britanniques s'emparèrent par la ruse et par la force des bâtiments français réfugiés en Grande-Bretagne. À l'aube une puissante escadre - la force H, composée du porte-avions Ark Royal, des cuirassés Resolution et Valiant, du croiseur de bataille Hood, des croiseurs légers Arethusa et Emerald, et de 10 contre-torpilleurs - commandée par l'amiral Somerville se présenta devant Mers-El-Kebir, devenu, depuis l'invasion de la France, la base de repli d'une partie importante de notre marine. Se trouvaient au mouillage les cuirassés Bretagne et Provence, les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg, les contre-torpilleurs Mogador, Volta, Le Terrible, Tigre, Lynx et Kersaint, ainsi que le transport d'hydravions Commandant Teste. Un ultimatum à échéance de six heures fut remis au vice-amiral d'escadre Gensoul, lui donnant le choix entre le ralliement au Royaume-Uni, un désarmement des navires dans un port de la Martinique ou un sabordage. Alors que les Français tentent de faire traîner les négociations pour gagner du temps, l'escadre britannique ouvrit brutalement le feu, à 16h53, sur les bâtiments français. La position de nos navires - ils étaient embossés "cul à quai" à la jetée - rendit difficile la riposte française et les dégâts furent terribles. La Provence et le Dunkerque, gravement touchés, durent s'échouer pour ne pas couler.; le cuirassé Bretagne, atteint de plein fouet par une salve britannique, prit feu puis explosa, entraînant dans la mort 997 marins de son équipage.; le Mogador fut touché sur l'arrière par un obus de 380 mm qui fit exploser des grenades anti-sous-marines en magasin. Seule consolation, le croiseur de bataille Strasbourg, sous les ordres du capitaine de vaisseau Louis Edmond Collinet, réussit, grâce à une superbe manœuvre, à appareiller ainsi que cinq contre-torpilleurs. Une chance hors du commun leur permit d'éviter les mines posées par les avions anglais et de s'échapper, en ouvrant au passage, mais sans succès, le feu sur les bâtiments britanniques. Trois jours plus tard, une nouvelle attaque de l'aéronautique britannique toucha le patrouilleur auxiliaire Terre Neuve et détruisit le dragueur Esterel. Au total, les pertes françaises s'élevèrent à 1297 morts et 350 blessés.

Inauguration plaque Mers-El-Kebir

Inauguration plaque Mers-El-Kebir

Comme les années précédentes, tous les 3 juillet, Rognac est la seule commune des Bouches-du-Rhône qui commémore cette tragédie par une cérémonie devant la stèle de l'Ancre de Marine. À cette cérémonie participaient le Maître Principal.(H) Philippe Chovet, représentant et président délégué de l'ACOMAR 13 (Association Centrale des Officiers-Mariniers et de MArins de Réserve, section des Bouches-du-Rhône) et le Major.(H) Gérard Even, représentant et président de l'AOM-MP (Association des Officiers-Mariniers en Retraite Marseille-Provence).

Inauguration plaque Mers-El-Kebir

Inauguration plaque Mers-El-Kebir

Pour que ce douloureux épisode ne tombe pas dans l'oubli, tout deux proposèrent au Comité de coordination des anciens combattants des Bouches-du-Rhône l'idée d'une plaque commémorative en granit. Leur proposition fut acceptée et financée conjointement par le Comité de coordination des anciens combattants, l'ACOMAR, l'AOM-MP, l'AMMAC (Amicale des Marins et Marins Anciens Combattants) de Rognac et l'ACORAM (Association des Officiers de Réserve de la Marine Nationale).

Plaque Mers-El-Kébir

Plaque Mers-El-Kébir

Le 2 septembre 2017, à la stèle de l'ancre de Marine, boulevard de la Libération à Rognac, devant plus de 200 Gerbepersonnes, cette plaque fut dévoilée, au cours d'une émouvante cérémonie, par Stéphane Le Rudulier, Maire de Rognac. Le Chef de bataillon.(H) Francis Agostini, président du Comité de coordination des anciens combattants des Bouches-du-Rhône, le Maître Principal.(H) Philippe Chovet, président délégué de l'ACOMAR 13, le Major.(H) Gérard Even, président de l'AOM-MP, Claude Martin, président de l'AMMAC, Philippe Pakiry, président du Souvenir Français de Rognac, ainsi que la présence exceptionnelle de 44 porte-drapeaux.

Lors de leurs prises de parole, messieurs Claude Martin, Francis Agostini et Stéphane Le Rudulier ne manquèrent pas de remercier chaleureusement Philippe Chovet et Gérard Even pour le rôle moteur qu'ils avaient joué dans ce projet.

Tout simplement, ces deux marins avaient su rester fidèles à la pensée de leurs anciens de Mers-El-Kebir :
"On pardonne mais on n'oublie pas".

Ecrit par EV2 (H) Gérard Mangiante, Acomar des Bouches-du-Rhône


Les Porte-drapeaux

Les Porte-drapeaux

Les Porte-drapeaux

Les Porte-drapeaux

Une vue des participants


Une vue des participants

Les autorités autour de la plaque

Les autorités autour de la plaque

Major (H) Even - MP (H) Chovet

Major (H) Even - MP (H) Chovet

 


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